Angèle Paoli
Noir écrin
Dans le recueil Noir écrin, Angèle Paoli explore de nouveaux chemins d’écriture. Elle ose avec naturel le « flux du verbe », et met au jour les continents secrets et brûlants qui dessinent et animent son « arrière-pays ». Portés par un mal obscur, ses mots en déraison rendent à la lumière des « enfances d’hier » ivres d’émois, et les méandres ombreux de rêveries insulaires « serties d’ailleurs ».
Photo de couverture : Igor Mitoraj, Tête de saint Jean-Baptiste, Sainte-Marie-des-Anges, Rome. Ph. Guidu Antonietti di Cinarca.
Cap-Corsine, descendante de navigateurs corses revenus de Trinidad, Angèle Paoli est née à Bastia. Bien que femme corsaire n'ayant pour amer qu'un seul et même rocher, elle s’est longtemps ancrée aux marches des terres maritimes picardes (où elle a enseigné le français et l'italien) avant de retrouver son hameau du Cap Corse. Elle s’y consacre pleinement à l’écriture, notamment pour la revue en ligne qu’elle a conçue en décembre 2004, la « revue littéraire, artistique et cap-corsaire » Terres de femmes. La culture méditerranéenne est un de ses tropismes les plus féconds. La culture corse évidemment, mais aussi toutes les cultures insulaires.

« Il était une fois, dans une île de Méditerranée, un âne gris. Un âne gris qui avait porté Saveria. Saveria et l’enfant gîtant dans son sein. L’âne de Santu et de Saveria. Manfarini. L’âne de Noël. »
« C’era una volta, in un’isula di u Maritarraniu un àsinu grisgiu. Un àsinu grisgiu chi avia purtatu à Saveria. Saveria e u ghjucu ch’idda t’avia in corpu... L’asinu di Santu è di Saveria ? Manfarinu. L’àsinu di Natali... »