A Fior di Carta a pour objet la publication de documents historiques et d'ouvrages littéraires, notamment de poésie. Nos livres sont entièrement réalisés de façon artisanale, à Barrettali, commune rurale du Cap Corse. C'est, d'un point de vue formel, une originalité. Mais notre ambition est de permettre à cette "petite fabrique de littérature" de publier des textes qui témoignent, à tous les niveaux, de la floraison et de la diversité d'une écriture qui prend racine au sein même du peuple corse. ___________________________________________
NOUVEAUTE
SEPTEMBRE 2008
Marie-Hélène Ferrari est plus connue pour ses romans policiers que pour ses textes intimistes, pourtant elle avait déjà trouvé le cœur de ses lecteurs avec "Un goût amer et sucré comme le silence". Elle nous livre ici la plus secrète des confidences amoureuses, qui se décline de l'utopie à la vie, tout simplement. Quelques mots tendres, à déguster avec l'âme.
________________________________________________________________________________________________________________________________________ Propos d’ouverture à un débat sur la poésie Dans notre monde de maîtrise technicienne et d’accumulation en tous sens, la poésie peut sembler vague et vaine. En fait, elle est dissidente et subversive non par intention mais par essence. Elle ouvre là où les murs s’édifient, elle déloge là où les revendications de sécurité s’intensifient… Et si elle va à contre courant, à contre concept, à contre pensée objectivante, c’est que sa source est du côté des commencements. Le poète est celui qui se tient à l’origine de la langue et de lui-même, là où les mots habillés de silence tentent un nouvel habitat. Et dans l’impasse où nous sommes à force de pensée opérationnelle et d’épuisement du réel, il se pourrait que la poésie nous donne quelques signes d’un passage autrement. Ce passage est un risque qui expose au rien, à l’ouvert, à ce qui n’existe pas encore, mais qui n’existera que par cette ouverture… C’est le risque que prend la poésie : celui d’avancer sans appui, sans souci de résultat, en suivant librement le chemin des mots, des images et des rythmes. Et ce qui vaut pour le poète vaut sans doute pour chacun, désireux que nous sommes d’habiter dans un monde réconcilié qui substituerait la surprise à la prise le simple à l’encombrement la présence à l’épuisement Pour finir, j’aimerais citer Yves Bonnefoy, poète de la présence, s’il en est un, de la présence au réel, à notre ici quotidien : « Il se pourrait, dit-il, que dans le lieu que nous vaudrait notre verbe, une raison autre qui à présent étouffe refleurirait, chaque chose faite présence élargissant sa corolle, nous sortirions de l’impasse. » Chantal Couëdic Ghjurnata Libri Aperti Canari, le 15 juillet 2008
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